Être nous-mêmes ou être heureux

Être nous-mêmes ou être heureux

« Nous n’avons pas le temps d’être nous-mêmes. Nous n’avons que le temps d’être heureux. » Albert Camus, Carnets, 1952.

On nous dit parfois qu’il faut être soi-même, en toute situation, en toute circonstance, que c’est la meilleur manière d’être, la plus vraie, la plus juste, la moins suspecte, et tout le monde souscrit à cette maxime, il faut être soi-même. Mais pour beaucoup de gens, être soi-même c’est parfois être malheureux sans raison, c’est être angoissé, être inquiet, anxieux toute la journée, c’est ne pas pouvoir réaliser quoi que ce soit de bien pour soi, c’est se saboter parfois. Être soi-même, c’est parfois se vouloir du mal parce qu’on a pris l’habitude d’entrer dans des schémas de pensées et des schémas d’être qui détruisent. Alors nous dire d’être nous-mêmes, c’est aussi nous dire d’être malheureux, ce qui n’est pas juste pour nos vies.

Oui, souvent nous sommes notre propre obstacle à notre bonheur. Et nous voulons être nous-mêmes, mais nous voulons encore plus être heureux. Or ce n’est pas se mentir que d’arrêter d’être totalement nous-mêmes et d’essayer d’être un autre, qui est meilleur. Ce n’est pas se trahir, ce n’est pas se retourner contre tout ce qui constitue notre personne, non. C’est plutôt se débarrasser de cette part de nous-mêmes qui nous veut du mal, qui nous rend malheureux. Elle ne doit plus continuer à nous posséder. Si ce que nous avons l’habitude de faire va à l’encontre de notre bien-être, alors refaire la même chose encore et encore ne donnera pas des résultats différents que ce que l’on connaît depuis toujours. Nous n’avons pas le temps d’être nous-mêmes car nous voulons être heureux. Et quand nous nous serons débarrassés de notre part de nous-mêmes qui nous rend malheureux, être nous-mêmes voudra dire être heureux.

Alors arrêtons de perpétuer ce qui nous laisse dans la souffrance et l’angoisse. Changeons ce nous-même qui est malheureux. Cessons de vouloir être cette personne qui nous veut du mal et n’a pas raison d’être. Il y a déjà bien assez de sources de malheur dans le monde, n’en soyons pas une nous-mêmes.

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