Un bon penseur doit-il penser qu’il pense trop?

Un bon penseur doit-il penser qu’il pense trop?

« Une personne qui pense tout le temps ne pense à rien d’autre qu’à ses propres pensées, alors il perd contact avec la réalité. » Alan Watts.

Nous ne nous en rendons pas compte, mais nous n’arrêtons pas de penser, tout le temps, frénétiquement, comme s’il était urgent de penser à tout. Et les pensées n’arrêtent pas de changer de sujet, passant du dîner du soir au problème avec la voiture ce matin, puis à ce que nous a dit notre collègue hier, à une opinion politique contraire à la nôtre, au temps nuageux de la semaine, et retour à la voiture, etc. En l’espace d’une minute, nous avons déjà pensé à cent sujets différents, et nous avons déjà oublié les trois quarts de ce que nous avons pensé, mais nous continuons à penser, et les pensées génèrent de l’angoisse qui s’accumule, qui nous stresse, qui nous fatigue, et nous nous demandons pourquoi nous sommes angoissés. C’est quand la fin de cette folie ?

Notre esprit pense à tout et à n’importe quoi sauf au fait qu’il est en train de penser sans arrêt. De penser à rien, de penser à des absurdités, de penser à des problèmes sans jamais les résoudre parce que nous ne prenons même pas le temps de les résoudre, nous sommes déjà en train de penser à un autre problème. L’anxiété nous prend et nous croyons que c’est à cause des problèmes que nous avons, mais c’est cette mauvaise habitude de penser sans arrêt qui cause notre anxiété. Nous fabriquons un monde grâce à nos pensées, et si nous sommes naturellement portés vers le pessimisme, ce monde peut être complètement affreux, effrayant et bien évidemment un monde comme celui-là générera de l’anxiété.

Nous pensons tellement sans arrêt que nous oublions qu’il y a un monde à l’extérieur, qui est peut-être différent de ce que nous en pensons. Nous perdons contact avec la réalité. Nous traversons les rues absorbés dans nos pensées. Les visages des gens ne sont plus présents autour de nous, il n’y a que les visages imaginaires dans notre tête qui existent. Nous passons à côté de magnifiques arbres et nous ne les voyons que comme des obstacles. Ils auraient pu être des panneaux de signalisation, cela n’aurait rien changé. Nous n’arrêtons pas de penser comme si notre vie en dépendait, et nous finissons par perdre notre vie à penser.

L’esprit est un bon serviteur, mais un mauvais maître. Quand les pensées prennent le contrôle sur nous, elles nous destinent à l’anxiété. Un cerveau qui saute frénétiquement d’une pensée à une autre est un cerveau angoissé. Un esprit qui ne se rend pas compte de ses propres pensées est l’esclave de celles-ci.

S’en sortir

– La première étape est d’être conscients que nous sommes en train de penser involontairement.

– La deuxième étape est de se rendre compte du moment où les pensées commencent à se succéder frénétiquement dans notre esprit (exercice spirituel de l’attention à soi http://www.apprendreavivre.fr/lattention-a-soi/).

– La troisième étape est de rediriger notre esprit vers ce qui nous importe quand il commence à sauter d’une pensée à une autre.

– La quatrième étape est de reprendre contact avec notre environnement, avec la réalité, de se rendre compte du monde autour de nous.

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