Exercice spirituel: l’examen de conscience

Exercice spirituel: l’examen de conscience

Les exercices spirituels sont les outils que nous ont légués les philosophes antiques pour changer, s’adapter et pouvoir mener une meilleure vie. Nous ne maîtrisons pas les événements extérieurs, mais avec les exercices spirituels, nous pouvons apprendre à nous maîtriser face à eux et à bien réagir pour ne pas se laisser emporter par ce qui risque de nous nuire.

Un de ces exercices spirituels à réaliser qui contribue jour après jour à se transformer, et à devenir cette meilleure personne que nous cherchons à être, est l’exercice de l’examen de conscience. Il consiste simplement à consciemment chercher à agir d’une bonne manière face à un événement qui nous attend dans la journée, puis à voir une fois l’événement passé si nous avons réussi ou pas, puis à recommencer le lendemain pour s’améliorer. Pierre Hadot l’explique ainsi : « Dès le matin, on examinera à l’avance ce que l’on doit faire dans le cours de la journée et on fixera à l’avance les principes qui dirigeront et inspireront les actions. Le soir, on s’examinera à nouveau pour se rendre compte des fautes et des progrès accomplis.1 »

Si nous voulons changer, nous ne pouvons pas laisser notre esprit à la merci de l’aléatoire. Si nous ne dirigeons pas notre esprit vers le bon comportement à avoir, nous laissons le chaos décider de ce que nous devenons. C’est pour cela que l’esprit doit être préparé à la journée dès le réveil. Dès le matin il faut diriger ses pensées vers comment nous voulons agir et nous dire : « tu ne réagiras pas comme d’habitude à tel ou tel événement, mais autrement, c’est-à-dire mieux que d’habitude, jusqu’à ce que ce meilleur devienne l’habitude. »

Le soir, ou juste avant de dormir, nous faisons le bilan de la journée, que ce soit à l’oral avec soi ou à l’écrit devant soi, et nous voyons si nous avons agis comme nous le voulions ou pas. Si oui, alors il faut prendre cette victoire comme une motivation pour continuer sur la même voie et réitérer cette réussite les jours qui suivent pour renforcer l’habitude. Si non, alors il faut voir pourquoi est-ce que nous n’avons pas réussi à nous maîtriser comme nous le voulions et essayer le lendemain de retravailler sur soi pour mieux y arriver, et de mieux en mieux chaque jour.

Par exemple, nous pouvons avoir l’habitude de prendre panique ou de sentir une grande angoisse durant la journée lorsque nous nous rendons compte que nous avons plusieurs problèmes à régler, qu’ils soient professionnels ou personnels, et que nous avons peu de temps pour nous occuper de tout. Prendre panique et être pris d’anxiété ne vont pas régler les problèmes et ne vont au contraire que les rendre encore plus graves. Donc le matin, avant de commencer la journée, nous préparons notre esprit en nous rendant compte que les problèmes peuvent être nombreux durant la journée, et que dans ce cas-là il ne faut surtout pas s’affoler mais prendre problème par problème et les résoudre un à un pour s’en alléger. Moins nous donnons de temps à l’anxiété, plus nous avons de temps pour trouver des solutions à nos problèmes, donc moins l’anxiété aura de prise sur nous.

Le soir venu, il faudra voir comment est-ce que nous avons agis, à quel point nous avons réussi à nous maîtriser pour essayer de mieux faire le lendemain. Donc dès le réveil le lendemain matin, nous recommençons l’exercice afin d’apprendre à soi-même à mieux réagir à la situation que nous voulons maîtriser. Après plusieurs répétitions, la transformation s’opère en nous petit à petit, parfois sans même nous en rendre compte. Et un jour nous agissons automatiquement de la manière que nous voulions, et nous avons l’impression que cela en a toujours été ainsi.

Si l’on croit que ce travail sur soi est trop difficile dès le matin, il faut se rappeler que nous n’avons pas vraiment d’autre choix que d’essayer de mieux vivre, même par minuscules avancées quotidiennes, et d’être les hommes que nous voudrions voir agir en bien dans le monde. Si nous ne le faisons pas, nous nous laissons entraîner par la dureté de l’existence, qui pourtant peut être soulagée par l’action de notre volonté sur ce qui dépend de nous.

Soyons plus déterminés à rendre notre vie meilleure. Écoutons ce qu’en dit l’empereur : « Le matin, quand tu as de la peine à te réveiller, dis-toi : je me réveille pour mon travail d’homme. Se peut-il que je sois de mauvaise humeur alors que je vais accomplir la tâche pour laquelle je suis né ?2 »

Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Exercices spirituels, Apprendre à vivre

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre V, 1

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