L’effort, la volonté, la sagesse et la fatigue

L’effort, la volonté, la sagesse et la fatigue

Il y a des moments où la recherche de la sagesse me fatigue. On se demande à quoi bon quand on voit tout autour de soi des gens qui sont plus heureux que dans vos rêves, et qui n’ont jamais entendu le mot vertu. On peut résister, supporter, accepter, être au service, donner, et se retrouver avec pour seul consolation la vertu, et un petit commentaire imaginaire d’Épictète qui vous dit qu’il ne faut pas se plaindre. Le chercheur de sagesse doit se contenter de peu de choses, pauvre martyre de ses désirs bienveillants.

Alors pourquoi donc tant d’acharnement ? Pourquoi ne pas vivre simplement comme le veut le peuple, à chercher le plus de plaisir et de succès possibles, sinon un verre de vin ?

En fait, on les voit. Parmi ces gens qui sourient et qui semblent heureux, dans les bars et dans les restaurants, il y en a plein qui meurent d’inquiètude au moment où ils quittent la table et reviennent à leur routine. Il y en a plein qui n’ont passé leur temps qu’à se divertir, et malgré les années qui se cumulent n’ont rien appris. Ils sont inquiets, perdus, ne savent pas quoi faire de leur vie, et oublient le temps qui passe.

Je ne les envie pas. Et je me rappelle pourquoi est-ce que j’ai aimé le stoïcisme et choisi d’en écouter la sagesse. Nous avons la capacité de nous améliorer, c’est une chose que le stoïcisme nous apprend à faire. Il y a quelques années, nous étions faibles et fragiles. Il faut repenser de temps en temps à là où nous étions, et au chemin parcouru. Avec de l’effort quotidien, et une volonté d’avancer, nous sommes capables de gagner en sérénité, et en connaissance de soi.

Le stoïcisme revient en partie à ça : se connaître soi-même, ce qui nous atteint, ce qui nous trouble, les émotions qui sont provoquées dans notre corps, les représentations qui sont évoquées dans notre esprit, et comment les gérer et y réagir.

Nous ne sommes pas tous de même facture. Nous avons tous une histoire différente. Mais nous sommes tous capables de nous surmonter nous-mêmes, avec de l’effort et de la volonté.

Il s’agit de s’imaginer comment nous voulons être, comment nous voulons naviguer dans le monde. Voulons-nous être une petite barque sans rame perdue en mer, ou un navire de guerre armé, solide et prêt à toute bataille ?

Et puis il n’y a pas que la force qu’on retrouve au bout de l’effort sur soi. Il y a aussi beaucoup de joie. Une volonté de vivre. Une envie d’avancer encore plus loin car maintenant on sait qu’il est possible d’avancer et combien on peut en gagner.

J’imagine le sage stoïcien souriant dans l’effort. Il est actif, et veut pleinement ce qu’il fait. C’est cette sagesse-là que je cherche. La fatigue n’est qu’un résultat de l’effort.

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