Pas sage, mais vivante

Pas sage, mais vivante

Sur un commentaire d’un article de journal sur les relations de couple qui ne marchent pas, j’ai lu quelqu’un qui disait avec fierté « Je veux souffrir et faire des erreurs. Je ne veux pas être sage, je veux être vivante. »

Ça m’a interpellé. J’ai été surpris par cette phrase que j’ai déjà entendue ailleurs, et qui me rend triste. En fait, cet article que j’écris n’est pas plus qu’une réponse un peu longue à ce commentaire, et généralement à toute cette manière de penser.

Donc cette personne nous dit que pour elle, les relations avec de la souffrance, avec du déchirement, avec des erreurs commises, sont de bonnes relations parce que c’est ce qui la rend vivante. Et au contraire la sagesse est synonyme d’ennui, parce qu’il n’y a pas de souffrance avec la sagesse.

Déjà, elle a un bon point. La sagesse, c’est ne pas souffrir inutilement. Mais cette personne veut souffrir, intentionnellement. Et ce que je peux dire, c’est qu’elle est libre de souffrir si la souffrance lui procure de la joie. Il y a des gens comme ça. Ils trouvent du plaisir à souffrir. On appelle ça généralement du masochisme. Et je n’ai rien contre le masochisme. Mais le problème est que dans les relations de couple, il y a au moins deux personnes. Et si une personne souffre, c’est souvent le cas que l’autre aussi souffre. Mais l’autre personne n’aime pas forcément souffrir.

La sagesse nous dit que faire souffrir l’autre parce que ça vous procure de la joie n’est pas très juste. Vous n’aimez pas la sagesse, alors souffrez si vous voulez souffrir, mais ne faites pas subir aux autres ce que vous aimez subir.

Et sur la question de vouloir fièrement faire des erreurs. Ça me rappelle ce qu’a dit Sénèque une fois dans les lettres à Lucilius, et qui est tellement juste : « Et il y a encore ceci qui rend la plupart des hommes incorrigibles : dans tous les autres arts, une simple erreur inspire de la honte à l’artisan ; il souffre de s’être trompé. En revanche, dans l’art de la vie, on se complaît à faillir. » Lettres à Lucilius, 97.

Oui, les êtres humains sont les seuls à être fiers de vivre n’importe comment, de faire des erreurs et de le revendiquer comme une réussite. Non. L’erreur n’est pas ni une source de fierté ni une source de pitié. L’erreur est quelque chose que l’on n’aimerait pas avoir commis et qui nous aide à nous améliorer pour ne pas la refaire. En être fier, c’est vouloir la refaire.

Dans l’esprit de certaines personnes, la sagesse est quelque chose d’ennuyeux et de lent. Car si la sagesse est d’utiliser sa raison pour être en contrôle de ses actes, l’inverse de la sagesse est d’être esclave de ses désirs et de souffrir de ses émotions. Ce n’est pas être vivant que d’être soumis à ses désirs. La sagesse nous l’apprend et nous permet de regagner notre liberté. Alors moi je dis, préfère la sagesse. Je préfère la liberté à la soumission. Je préfère éviter la souffrance lorsqu’elle n’est pas nécessaire.

Pour finir, j’espère pour vous comme pour moi que nous apprendrons à éviter le genre de personnes qui aime souffrir et faire souffrir. Nous ne méritons pas de passer notre vie dans le malheur.

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